Comment fonctionne la musique de gamelan ?

La pratique du gamelan en occident pose une série de questions sur le plan de la pédagogie musicale et de l’interaction entre les cultures. Dès la première séance, l'apprenant est confronté à la diversité culturelle. On lui demande de respecter les coutumes qui consistent à enlever ses chaussures avant de s'asseoir et à ne pas enjamber les instruments. Comme la musique de gamelan est utilisée pour accompagner la danse et le théâtre d'ombres basés sur les contes hindous du Ramayana et du Mahabharata, les participants sont initiés au contexte culturel. Mais comment apprend t-on à jouer du gamelan ? Existe t-il des modes d'apprentissage spécifiques ? Que fait le professeur ? Quel est son rôle dans le groupe ? Comment s'effectue le transfert des connaissances musicales ?

Pour un occidental, les débuts sont plutôt surprenants, proches de la cacophonie. L'oreille peine à s'habituer aux nouvelles gammes et trouve difficilement ses repères dans les sons et la polyphonie des instruments. Mais comme dans tout apprentissage musical, nous avons recours aux différents sens...

Nous regardons les gestes du professeur et nous regardons sa mailloche, comment il frappe et étouffe les lames. Nous nous regardons aussi les uns les autres afin d'essayer de frapper ensemble au bon moment. Le contact visuel est également utile lorsque l'on a oublié les notes et que l'on s'est perdu. Bien que la notation existe comme aide-mémoire pour l'apprentissage, il est conseillé de ne pas trop l'utiliser.

Pour les indonésiens, plusieurs points importants peuvent être mentionnés : Le premier, «quand la musique pénètre réellement votre corps, vous ne pouvez pas l'oublier», fait référence à la nature même de la musique de gamelan, la répétition des cycles.

« On ne peut pas jouer à la fois fort et faible ». Dans la musique gamelan, tout le groupe a besoin de ressentir la même musique en même temps. Tous les joueurs doivent incarner un même sentiment. Ce concept de « musique sentiment» est étroitement lié à l'idée d'incarner une connaissance sensorielle de la musique.

«La mailloche est votre professeur» renvoit au sens kinesthésique. Les frappes répétées sur les instruments, sans cesse ajustées pour parvenir au jeu idéal en symbiose avec le groupe, font naître ce sentiment chez l'apprenant.

Mais il faut du temps à un occidental pour s'imprégner des sons et de la structure sonore. Contrairement aux indonésiens, nous ne baignons pas dans la musique de gamelan avec ses particularités comme la place des accents, les différentes gammes, modes, etc. La pratique du chant se révèle alors très utile car elle permet d'intérioriser et mémoriser les lignes mélodiques et les rythmes.

Enfin, une autre idée très importante : le gamelan créé un sentiment communautaire très fort à l'image de la société traditionnelle indonésienne qui est fortement collective. Cette musique demande donc de la précision et non de l'interprétation individuelle...

     



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